Cocteau et Villefranche

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« Villefranche est mon île »image018

Jean Cocteau a dit « je suis né plusieurs fois et plusieurs fois mort. Une de mes naissances les plus significatives fut… sur votre Côte d’Azur »
« Villefranche est mon île », une île dont il est le phare, attirant à lui tous les artistes et intellectuels des années folles.
Sir Francis Rose affirme « le petit port de Villefranche était pratiquement le centre du monde culturel en Europe ».
Plus tard, à la table de sa chère Germaine, ce sont toutes les célébrités du milieu du siècle qui se presseront à ses côtés.

« Mon très cher WELCOME où j’ai passé le meilleur de ma vie »

Jean Cocteau séjourne de 1924 à 1935 à l’Hôtel Welcome sur les quais de Villefranche. image037
L’hôtel Welcome fut le refuge d’un Cocteau encore jeune et éprouvé par la mort de Radiguet.
Néanmoins en pleine gloire dans les années 50, alors qu’il est  hébergé  désormais  à  la Villa Santo Sospir chez Francine Weisweiller, il écrit qu’il rêve toujours de la vie du Welcome des années 20. « A Germaine, souvenir d’un ami de toujours » Germaine arrive à Villefranche-sur-Mer en 1925, elle est employée à l’Hôtel Welcome où elle rencontre Cocteau. Avec son mari Louis Brau, elle ouvre un restaurant en 1938, quai Courbet à l’enseigne de

image055« La Mère Germaine ».

Lorsque Cocteau entreprend la rénovation de la Chapelle St-Pierre, Germaine nourrit gracieusement tous les artisans qui restaurent l’édifice et c’est encore elle qui débourse une importante somme d’argent pour finir les travaux. Quand elle décède en 1959, Jean Cocteau écrira « C’est mon Villefranche qui meurt ».

image066« Cette Chapelle, c’est ma jeunesse, ma vieillesse, mon organisme secret, mon âme et ma peau »
Dans  les  années  50, cette ancienne Chapelle qui appartient à la Prud’homie des pêcheurs héberge le tribunal de pêche devenu au fil du temps un hangar à filets.
C’est Albert Lorent, ami de Jean Cocteau qui persuade l’artiste de rénover la Chapelle St-Pierre. Après un an de travaux, malgré les nombreux soucis financiers, et grâce à de généreux mécènes, la Chapelle est inaugurée le 30 Juin 1957. « Le Testament d’Orphée . Est un autoportrait d’un nouveau genre … » image086

En 1959, Jean Cocteau entreprend la réalisation du film Le Testament d’Orphée qu’il tournera aux Studios de la Victorine à Nice, à la villa Santo Sospir à St Jean Cap Ferrat et à Villefranche. «  Le  centre  du   film (son  épine  dorsale)  est une rencontre avec moi- même, avec ce moi qu’on me fabrique et auquel je n’aimerais pas serrer  la main ».

Cette rencontre a lieu à Villefranche-sur-mer. Cocteau avait l’intention de tourner la séquence où il croise son double sur le Chemin de ronde de la Citadelle, mais une pluie persistante l’a contraint à tourner dans la Rue couverte. Ce hasard météorologique a été jugé providentiel par Jean Cocteau qui a ainsi pu bénéficier de toute l’aura mystérieuse de l’artère médiévale.

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